Labels RSE : vraie valeur ajoutée ou outil de communication ?
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) s’est imposée comme un sujet central pour les organisations, confrontées à des attentes croissantes de leurs parties prenantes, à des obligations réglementaires ou volontaires et à la nécessité de questionner leurs modèles économiques pour durer. En conséquence, la question des labels RSE revient souvent : apportent-ils une réelle valeur ajoutée ou constituent-ils avant tout un outil de communication ? Une étude menée pour Responsibility Europe par un cabinet indépendant apporte des éléments de réponse. Réalisée auprès de 743 organisations, dont 414 labellisées et 329 disposant d’une démarche RSE structurée mais non labellisée, elle met en évidence des impacts mesurables et durables de la labellisation RSE. Retour sur les principaux enseignements de cette étude et sur ce qu’ils impliquent pour les entreprises souhaitant s’engager de manière crédible.
Labellisation RSE : un levier de transformation globale de l’entreprise
Pour 88 % des entreprises interrogées, la labellisation RSE a eu un impact direct sur la dynamique de transformation interne. Ce chiffre est révélateur : le label agirait comme un effet levier, faisant mûrir une démarche existante pour l’ancrer dans le fonctionnement quotidien de l’organisation.
- Une RSE qui devient une culture partagée
L’étude montre que la labellisation transforme la RSE en une culture collective. Elle favorise l’émergence d’un langage commun entre les métiers, renforce la gouvernance partagée et clarifie les rôles de chacun face aux enjeux sociaux et environnementaux. Avant tout, les collaborateurs ne perçoivent plus la RSE comme une initiative périphérique mais comme un projet structurant, apportant du sens.
Ainsi, cette dynamique repose notamment sur la mobilisation et la formation des équipes. La démarche RSE labellisée permet un meilleur transfert de connaissances et une appropriation progressive des enjeux de durabilité par l’ensemble des salariés. Le développement durable devient alors un sujet capable de renforcer l’engagement interne.
Une structuration renforcée et une mesure de la performance globale
Tout d’abord, les écarts observés entre entreprises labellisées et non labellisées sont significatifs :
- 90 % des organisations labellisées mettent en avant le caractère structuré de leur démarche, contre 75 % pour les entreprises non labellisées, qui s’appuient davantage sur des actions ponctuelles sans cadre global formalisé,
- 81 % des entreprises labellisées déclarent avoir des objectifs RSE directement reliés aux priorités stratégiques de l’entreprise, contre seulement 62 % pour les non labellisées. La labellisation agit ici comme un outil d’alignement entre vision stratégique et actions opérationnelles.
La labellisation RSE contribuerait à renforcer la vision long terme des organisations. Parmi les entreprises ayant constaté un impact positif sur leur performance globale :
- 90 % estiment que la labellisation a renforcé le sens de leur mission,
- 89 % soulignent une meilleure articulation entre objectifs de court terme et ambitions de long terme.
Ces résultats tendent à confirmer que la RSE labellisée participe à la transformation des modèles d’affaires, en intégrant plus finement les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Leadership, gouvernance et parties prenantes : 3 moteurs clés
- L’engagement de la direction comme facteur clé de succès
L’étude met en évidence un lien fort entre labellisation et pilotage stratégique de la RSE. Dans 84 % des entreprises labellisées, la démarche RSE est pilotée au niveau de la direction générale, contre 71 % pour les entreprises non labellisées.
Lorsque la direction s’engage activement, « tout s’aligne » : les priorités sont plus claires, les moyens mobilisées et les arbitrages suivent. Le label joue alors pleinement son rôle : en donnant un cadre exigeant soutenant l’ambition portée par le management.
- La meilleure prise en compte des parties prenantes
Un autre enseignement majeur concerne la sphère d’influence des entreprises labellisées. Là où les organisations non labellisées répondent prioritairement aux attentes des clients, les entreprises labellisées intègrent de manière plus équilibrée les attentes des salariés, des collectivités, des fournisseurs et des partenaires locaux.
Cette approche par les parties prenantes permet d’élargir la vision stratégique de l’entreprise et d’améliorer l’analyse de l’environnement. Elle renforce la capacité d’adaptation face aux défis sociaux et environnementaux, tout en consolidant la qualité des relations externes.
83 % des entreprises labellisées ayant constaté des impacts positifs sur leurs relations avec les parties prenantes évaluent leurs fournisseurs sur leurs pratiques responsables. Cette démarche dépasse la simple logique de contrôle pour instaurer de véritables partenariats, fondés sur des valeurs partagées.
- L’ouverture accrue à l’innovation et au territoire
La labellisation RSE stimule également l’innovation. En structurant les processus, en favorisant le dialogue interne et externe et en ancrant l’entreprise dans son territoire, elle crée un environnement propice à l’émergence de nouvelles solutions.
De plus, l’ancrage territorial, souvent renforcé par la démarche RSE, accroît l’interdépendance entre l’entreprise et son écosystème local. Cette proximité nourrit l’innovation, facilite l’identification de nouveaux marchés et renforce la légitimité de l’organisation.
La labellisation RSE : un processus de progrès continu
En premier lieu, un point essentiel ressort de l’étude : la crédibilité d’un label RSE ne repose pas sur le seul signe de reconnaissance, mais sur la robustesse de la méthodologie d’évaluation et sur la logique de progression continue qu’elle induit.
- Une évaluation structurante et exigeante
94 % des entreprises labellisées considèrent que la démarche d’évaluation constitue un levier d’amélioration continue. Le processus de labellisation incite les organisations à revisiter régulièrement leurs pratiques, à mesurer leurs impacts et à ajuster leurs actions en fonction de leurs priorités RSE. Cette approche permet de sortir du déclaratif et de s’assurer que les engagements pris se traduisent par des résultats concrets. Ainsi, la RSE devient un système piloté, mesurable et intégré à la stratégie globale.
- La communauté des labellisés
L’étude souligne également le rôle clé joué par la communauté des entreprises labellisées. 78 % des organisations y voient une source d’inspiration et de benchmark. Les clubs, rencontres et échanges de pratiques favorisent l’apprentissage collectif, l’amélioration continue et l’émergence de collaborations.
En conclusion, les dynamiques renforcent la performance collective autant que l’engagement sociétal, en créant un écosystème fondé sur le partage et la coopération.
Aller vers la labellisation ? L’importance du diagnostic RSE
Si la labellisation RSE démontre des bénéfices tangibles, elle ne constitue pas une fin en soi. Pour être pertinente, elle doit s’appuyer sur une démarche RSE déjà structurée, alignée avec la stratégie et adaptée aux enjeux spécifiques de l’entreprise. Réaliser un diagnostic RSE en amont permet d’évaluer le niveau de maturité de l’organisation, d’identifier ses forces et ses axes de progrès et définir une trajectoire réaliste avant d’engager un processus de labellisation. C’est une première étape pour choisir le label le plus adapté, prioriser les actions et maximiser les impacts.
Accompagner les entreprises dans cette phase de diagnostic, puis dans la structuration de leur démarche RSE, permet de transformer la labellisation en un véritable levier de performance durable, au service du projet d’entreprise et de ses parties prenantes.
Notre cabinet vous accompagne dans cette réflexion : contactez-nous et réalisons le diagnostic des actions RSE déjà en place dans votre structure. Ensemble, nous identifierons vos forces et vos points d’amélioration sur l’ensemble des piliers la RSE et respectant le référentiel ISO 26 000 : gouvernance, Droits de l’Homme, loyauté des pratiques, social, environnement, sociétal.