Rencontre avec… Docteur Gérard Silvestri, médecin en cure thermale

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Rencontre avec… Docteur Gérard Silvestri, médecin en cure thermale

Être proche de nos clients, pour le cabinet Gestion & Stratégies – Auditoria ça veut réellement dire quelque chose. C’est pourquoi, nous vous laissons régulièrement la parole.

Gestion & Stratégies Auditoria : Vous êtes médecin en cure thermale, en quoi consiste votre métier ?

Gérard Silvestri : Avant d’être médecin en cure thermale, j’ai exercé en tant que généraliste durant 30 ans en campagne. Durant mes 2 dernières années, je travaillais jusqu’à 16 heures par jour. Je n’arrivais plus à tenir ce rythme. Au printemps 2017, l’un de mes confrères, médecin en cure thermale a pris sa retraite. J’ai saisi l’opportunité de le remplacer en devenant à mon tour médecin thermal.

Notre métier consiste à soigner les patients envoyés en cure par leur médecin généraliste. Ici, à Amnéville, nous avons 2 orientations thérapeutiques : la rhumatologie et les voies respiratoires. Notre rôle est de, lorsque les patients arrivent, vérifier à ce qu’il n’y ait pas de contre-indication à ce qu’ils fassent une cure. Si c’est bien le cas, nous leur proposons des soins thermaux en rapport avec ce qu’ils sont capables de suivre. Nous ne pouvons pas proposer les mêmes soins thermaux à tous puisque nous accueillons des patients âgés de 3 mois à 96 ans.

Ensuite, les patients restent 3 semaines en cure, nous devons surveiller les soins thermaux qui leur sont donnés et modifier le programme si nécessaire. Nous gérons également tous les problèmes médicaux qui peuvent survenir durant leur traitement thermal. Lorsque leur séjour est terminé, nous faisons un bilan global sur le déroulement de la cure que l’on envoie à leur médecin traitant.

 

G&S A : Les activités thermales ont été impactées par la crise sanitaire, comment vous-êtes-vous adapté à cette situation ? Et qu’en est-il aujourd’hui ?

GS : Effectivement, en 2020, la Covid-19 est arrivée. Nous avons connu une fermeture administrative qui a duré 7 mois. Nous sommes des professions libérales, donc si nous n’exerçons pas d’activité professionnelle, nous n’avons pas de revenus. Durant cette période, j’ai perdu 70% de mes honoraires. Il a donc fallu trouver des compléments de salaires.

En 2021, la cure a rouvert seulement le 24 mai. Nous avions donc déjà accumulé approximativement 5 mois de retard, et affichions un taux d’occupation extrêmement bas : 25% contre 100% à la même période en 2019.

Pour les mois de juin, juillet et août, nous oscillons entre 25 et 50% d’occupation. Pour ce qui est du mois de septembre, il est encore incertain. Nous attendons de prendre connaissance des mesures sanitaires qui seront mises en œuvre pour cette période.

J’ai cependant pu m’adapter à cette situation. En février 2021, il y a eu l’ouverture à la vaccination. J’ai exercé dans des centres de vaccination, où j’étais rémunéré, et j’ai travaillé tous les jours, sans exception. Il fallait que je refasse une trésorerie.

Désormais, depuis le début du mois d’août, je travaille 2 jours dans des centres de vaccination et 3 jours à la cure thermale.

 

G&S A : En 2020, vous avez pu bénéficier d’un Prêt Garanti par l’Etat (PGE). En quoi ce dispositif a-t-il été bénéfique pour vous ? 

GS : Je devais payer les charges du cabinet, mes charges personnelles, les impôts, l’URSAFF, la CARMF, et j’ai donc eu recours au Prêt Garanti par l’Etat pour répondre à ces obligations.

J’ai emprunté 36 000€ sur une durée de 5 ans en novembre 2020. Je vais donc commencer à rembourser mon PGE à partir du mois de novembre de cette année. C’est un emprunt supplémentaire d’un montant approximatif de 600€ par mois.

 

G&S A : Quel rôle a joué Gestion & Stratégies à vos côtés durant cette période ?

GS : Le cabinet comptable m’a été d’un grand secours. Nous avons pu gérer tous les dispositifs des prélèvements obligatoires. On a pu fermer, ouvrir, demander des aménagements à l’Etat… donc nous avons pu reporter certaines charges sociales et réduire les prélèvements fiscaux sur l’année 2020.

En 2021, lorsque nous avons à nouveau commencé à percevoir des revenus, il a fallu modifier à nouveau tous les prélèvements obligatoires, en fonction de ce que j’allais gagner cette année.

Madame Casado m’a été d’une grande aide dans la réalisation de l’ensemble de ces démarches administratives.

 

G& S A : Comment s’organise la reprise progressive de votre activité ?

GS : Actuellement, je suis présent à la cure thermale 3 jours par semaine et je vaccine durant les 2 autres jours. La vaccination me permet de travailler à un rythme « normal » et de compenser une partie de mes pertes de revenu.

Les honoraires de la cure représentent actuellement 15% de mes honoraires globaux, sans compter les mois de janvier à mai.

Pour l’heure, il est difficile de prédire la reprise progressive de mon activité mais l’automne est une saison décisive : quasiment 50% des curistes réalisent leur cure durant les mois de septembre, octobre et novembre. Sur cette période de 3 mois, nous accueillons 7 000 curistes sur les 16 000 annuels. Nous espérons ne pas connaître de nouvelle fermeture administrative, afin de pouvoir travailler normalement et augmenter le nombre de curistes présents au centre.

Il faut également savoir que le centre de cure thermale n’est pas considéré comme un établissement de soins, mais comme un Etablissement Recevant du Public (ERP). Il peut donc fermer par décision administrative du jour au lendemain. L’année dernière, au mois d’octobre, nous avons été informés de la fermeture du centre le 28 pour le lendemain. Nous avons donc dû réaliser l’ensemble des démarches administratives en 24 heures et préparer cette fermeture de 7 mois.

La différence entre 2020 et 2021 est que la majorité de mes patients est vaccinée.

J’espère donc que la reprise de mon activité au mois de septembre se déroulera dans les meilleures conditions possibles.

 

 

#TOURISME "Mon activité est malmenée, quelles clés pour aller de l'avant ?"